« L’occidentalisation du monde musulman … est irréversible »

Un dossier très intéressant du journal “Le Monde” à l’occasion de la fête du trône qui maquera cette année les 10 ans de règne de Mohammed 6. J’ai extrait ce passage d’une interview d’un sociologue intitulée : “Le Maroc, que l’on décrit comme féodal et analphabète, est en pleine mutation

L’islamisme politique a-t-il gagné du terrain au Maroc ces dix dernières années ?

La société marocaine n’est pas encore installée dans le modèle occidental, qui privilégie l’individu, et elle a déjà quitté l’ancien système producteur de sens. C’est là qu’intervient l’islamisme, avec sa volonté de donner une signification à ce qui n’en a plus. D’où sa fixation sur les rapports entre les sexes, la morale, le tourisme, ou le voile… Les islamistes tentent de garder ou de reprendre le contrôle de l’évolution de la société, mais la machine est en marche et elle leur échappe. C’est leur drame. Ils savent, dans le fond, qu’ils ont déjà perdu la partie. L’Occident leur paraissant fort sur le plan technologique, mais faible sur le plan moral, ils ont cru pouvoir s’emparer d’un créneau. Mais le monde moderne ne peut pas se découper en morceaux ! L’occidentalisation du monde musulman en général, et du Maroc en particulier, est irréversible. Elle est déjà là…

Lire aussi :
- Des très riches et des très pauvres.
- Un monarque discret mais ferme.
- Mohammed 6, 10 ans de règne.

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12 Responses to “« L’occidentalisation du monde musulman … est irréversible »”

  1. Je pense qu’il faudrait d’abord définir l’occidentalisation…

  2. Interview de l’auteur de l’article (en arabe):
    http://www.babrio.com/mohammed-sghir-janjar–le-renouvellement-de-la-pense-e-religieuse-au-maroc-arabe,2638.html

  3. Voir aussi:
    http://www.magharebia.com/cocoon/awi/xhtml1/fr/features/awi/features/2007/12/14/feature-01

  4. ça change de tous les articles qui parle du stratagème islamique qui gagne du terrain au Maroc… on en croyait qu’on était sur le point de mettre… “les” voiles :)

  5. Amine Maalouf analyse entre autres ce phenomene avec le talent qu’on lui connait dans “Dereglement du monde”, un livre à lire absolument.

  6. @Lolo,
    A ce propos, pourquoi pas une rubrique literraire dans le magazine?
    Aider les jeunes marocains par ce biais à découvrir la litterature qui parle d’eux. Ca existe et ca aide enormement à la construction de son identite.

  7. On peut dire ça, l’occidentalisation du monde musulman est irréversible, mais ce n’est que de l’influence d’un monde sur autre et vice versa, l’occident andalous existe toujours, et on ne cesse de copier l’un l’autre à travers l’histoire.

    Le maroc est un laboratoire pour l’occident, mais il y a déjà un constat d’échec, ce qui fait que cette occidentalisation serait lointaine encore et très différentes des attentes et de l’espoir de ce que veut l’occident faire du monde musulman, voire obtenir l’effet inverse de ce qui est souhaité.

    Cette occidentalisation du maroc ne fera qu’augmenter les tensions et le marquage du territoire, beaucoup d’occidentaux d’ailleurs se trompent au maroc, surtout ceux qui croit que tout est à leur portée dans les milieux pauvres, un maroc avec les moyens de l’occident risque d’être dur pour un occidental d’y vivre, on le voit déjà de ce que fréquentent les occidentaux au maroc, que les milieux pauvres et rasent les murs là ou il y a les riches marocains et qui vivent à l’occidental.

    Donc s’il y aura un monde musulmano-occidental, il sera très différent des attentes des occidentaux, voir même les choquer à différents niveaux, là ça ne sera que des regrets d’avoir espérer de voir ce monde muté dans le sens de la rivalité.

  8. le top( avis aux responsable de la marche du siècle!) c’est de ne prendre que le positif de tous les cotés! mais je croins qu’il n’ai pas de fumée sans feu, pourtout si on regarde bien personne n’a le choix, tout le monde est dans le meme petrain, chaqun ayant besoin de l’autre pour vivre wllah waâlam

  9. Martin Khalid Rosenberg on août 25th, 2009 at 15 h 57 min

    L’islamisation du monde occidental est un processus tout aussi valable. Les banques basées sur le modèle de la Chariah n’ayant pas subi le contre coup des spéculations dites “toxiques” en sont l’exemple le plus pertinent.

    Au-delà de la grande machine à desinformer, du conditionnement le plus primaire et des systèmes de croyances de plus en plus vides de sens.

    Rappelons que la Connaissance est au patrimoine de l’humanité, elle nous apprend notamment que le désir d’Infinitude qui s’exprime à travers une relation intime à Dieu et/ou une émotion humanisante face au spectacle grandiose de la nature et/ou une équation quantique unificatrice découle d’une même source initiale :

    Le besoin vital de vibrer à l’unisson avec l’universel…

    Alors, attention aux concepts virtuels tels des packaging de l’industrie agroalimentaire, trop appauvris en substance pour nourrir avec brio la conscience d’un nectar authentique, subtil et délicat.

    Cordialement,

    Martin Khalid Rosenberg

  10. Le monde musulman serait occidentalisé si le monde europeen était américanisé d’abord jusqu’à un degré de racisme nul envers les immigrants en europe.

    Et si le monde musulman était obligé de s’occidentaliser il choisirait l’occidentalisation américaine car choisir l’occidentalisation européene est synonyme de faire des pas en arrière vers la haine de l’autre.

  11. « L’occidentalisation du monde musulman … est irréversible »

    C’est justement l’occidentalisation qui mènera les gens vers l’islam. Lisez ceci:

    http://lagouader2.over-blog.com/article-28282191-6.html#comment38640812

    Extraits:

    L’interaction entre tant de puissances, tant de civilisations et tant de modes de vie rendit nécessaire pour chaque peuple de défendre sa propre existence. Chaque peuple (ou nation) eut à défendre tout ce qui fut en jeu pour eux, y compris leurs cultures. Et c’est ainsi que ceux qui crûrent en Dieu se durent de défendre leur foi par tous les moyens disponibles, y compris ceux qui avaient été inventés ou développés par des nations non croyantes. De tels moyens pourraient avoir compris l’alphabet des Phéniciens et la logique des Grecques. On ne peut ainsi dire que les nations non croyantes furent “en surnombre”, “superflues”. Tout au contraire, les nations non croyantes n’en furent pas moins utiles que celles qui crûrent en Dieu par le simple fait de leur contribution (voulue ou non) à la propagation de la croyance en Dieu.

    Ce qui est à noter également, non sans curiosité, c’est le fait que la plupart de ces premières interactions entre les différentes nations opposées les unes aux autres eut lieu juste là où Abraham fut un jour: la Palestine. Les Egyptiens, les Babyloniens, les Perses, les Hittites, les Grecques, les Romains, et beaucoup d’autres- tous eurent là une certaine présence à un moment de l’histoire. Puis vinrent les Arabes. Eux aussi vinrent d’un autre lieu où Abraham fut un jour: la Mecque. Ces Arabes se retrouvèrent en train de se frayer des passages en tous sens, allant vers des nations qui avaient connu d’impressionnants empires, et finirent par bâtir leur propre empire s’étendant sur la plupart du monde connu jusqu’alors.

    Il s’en suivit une magnifique interaction à l’échelle mondiale. Les Arabes empruntèrent aux Grecques, aux Perses et autres leur ancien savoir, alors en veilleuse, et le mirent à jour, l’enrichirent et puis le propagèrent là où ils allèrent. Bagdad devint alors la capitale mondiale du savoir. Et à l’Ouest il y eut une certaine Cordoue, où le savoir arabe fut transmis à l’Europe grâce à la traduction. Averroès parla alors de Dieu aussi bien aux Musulmans qu’aux Européens non musulmans en utilisant la logique d’Aristote.

    Bagdad fut détruite, mais le savoir islamique survécut. Il survécut parce qu’il avait été inscrit non seulement dans les livres que les Mongols jetèrent à la rivière du Tigre, mais aussi dans les cœurs et les esprits des gens. Tout comme la destruction de la librairie d’Alexandrie dans l’antiquité, la perte des librairies de Bagdad aurait pu constituer une tragédie beaucoup plus amère s’il n’y avait pas ce que j’ai appelé “interactions”. La ville de Marrakech, que les Almoravides construisirent et en firent leur capitale, fut complètement et délibérément détruite par leurs successeurs Almohades. Ces derniers reconstruisirent la ville entière de la plus belle manière possible, parce qu’ils avaient déjà “reçu” le savoir nécessaire de leurs prédécesseurs. Tant que le savoir est intact, peu importe la beauté ou l’immensité de ce qu’a été détruit. Il pourra toujours être reconstruit.

    Même la reconstruction de toute une nation est possible s’il y a le savoir nécessaire pour le faire. L’Europe soutira aux Arabes leur savoir, puis se reconstruisit en l’affaire de quelques générations.

    Le problème c’est que ce savoir arabe fut pour l’Europe en quelque sorte pernicieux. Les cours d’Averroès apprirent aux européens à aborder la religion autrement. Des voix s’élevèrent alors contre la manière dont l’Eglise enseignait la religion jusqu’alors. Pour se défendre, l’Eglise répondit par la persécution des gens du savoir tel que Galilée.

    Le conflit entre l’Eglise et les nouveaux savants engendra de nouvelles opinions. Certains se raccrochèrent à leurs croyances religieuses, et pour se défendre ils recoururent même à la philosophie et à la logique d’Aristote. D’autres rompirent carrément avec l’Eglise et baptisèrent leur doctrine “laïcisme”. Et pour se défendre, ces derniers eurent recours à l’expérimentation de leur savoir acquis du monde, excluant toute référence au monde occulte.

    Ce nouveau savoir du monde, qui fut exclusivement basé sur l’expérimentation, aboutira à la Révolution Industrielle.

    Le développement industriel eut pour conséquence de répandre le savoir à des échelles phénoménales. Cependant, ce savoir demeura restreint à là où l’industrie fut florissante.

    L’Eglise sut comment mettre à son profit cette industrie florissante. Partout où il y eut un nouveau site industriel il y eut une grande église. De plus, les hommes d’Eglise préparèrent le chemin à leurs états industriels respectifs pour s’emparer de nouveaux territoires sur d’autres continents. Et les hommes d’Eglise et ceux qui ne s’intéressèrent qu’à la vie d’ici-bas s’entendirent sur un mots magique : civilisation. Cette civilisation dut se répandre à travers l’occupation.

    L’occupation rendit possible pour plus de gens d’aller à plus d’endroits du monde. Et c’est ainsi que des africains “allèrent” en Amérique, portant avec eux leurs religions, y compris l’islam. D’autres musulmans furent emmenés en Europe, où ils continuèrent à pratiquer leur religion. Des orientalistes (d’Europe) allèrent au monde arabo-musulman pour “rendre” une partie du patrimoine arabo-musulman aux Arabes et aux musulmans qui vinrent juste de se réveiller.

    A présent nous constatons que ce que fut un jour importé (d’Europe) est en train d’être exporté assorti d’une valeur ajoutée. Ceci se fait grâce à l’internet et aux chaînes de télévision satellitaire.

    Beaucoup plus que n’importe quelle autre religion, l’islam est la religion dont l’expansion est la plus rapide en Amérique du nord (U.S.A.), le pays qui inventa l’internet et la télévision satellitaire. En Amérique d’aujourd’hui on trouve des imams américains (de souche) qui connaissent le Coran et le Hadith par cœur et qui ont autorité pour émettre des “fatouas”. Toute la littérature islamique s’est répandue un peu partout, grâce à l’internet. Cela est rendu possible par la technologie américaine et l’argent de pétrole arabe.

    Cet argent de pétrole arabe a contribué à la construction de grandes mosquées, de grands instituts et librairies islamiques, et à l’impression du Coran et d’autres livres religieux en grandes quantités en diverses langues à divers endroits du monde.

  12. Chez l’homme, le besoin de certitudes l’emporte sur le désir de vérité.

    C’est pour cela par exemple que lorsqu’un crime est commis, le public se satisfait plus facilement d’une condamnation sans preuve (ou avec des preuves insuffisantes) que de l’absence de condamnation.

    La méthode scientifique au contraire demande à rechercher la vérité et à reconnaitre ses échecs lorsqu’on ne dispose pas de preuves suffisantes. Certaines de ces vérités dérangent notre nature humaine en particulier lorsqu’elles contredisent les vérités du passé qui étaient le fruit du besoin de certitude.

    Le plus bel exemple actuel est le mouvement créationniste qui semble réunir des groupes d’individus des trois religions contre la science remettant en question toutes les découvertes des fouilles archéologiques, la physique nucléaire utilisée pour la datation des fossiles, la génétique, etc.

    Le problème de l’évolution est qu’elle est très difficile à réconcilier avec la genèse telle qu’elle avait été imaginée il y à environ 4000 ans. Cette genèse inscrite en dur dans les trois livres saints avec quelques variations c’est transformée au fil des millénaires en monstre sacré de la vérité immuable.

    Les religieux progressistes interprètent désormais la genèse comme l’idée de la création divine de l’univers mais réfute toute interprétation littérale du texte permettant de réconcilier la science avec la question divine.

    Il n’en reste pas moins que par contrecoup on remette en question l’ensemble des interprétation littérales des toutes les parties des livres saints et que désormais de nombreuses questions soient réouvertes.

    Toutes ces questions réouvertes déstabilisent notre besoin de certitudes et provoquent des tensions, des débats passionnés (par opposition à raisonnés et ouverts), débouchant sur un profond malaise.

    L’occidentalisation qui n’est autre que l’application des sciences à tous les domaines de l’activité humaine ne touche donc pas seulement le monde musulman mais l’ensemble de mondes religieux, les obligeants à se repositionner au delà des limites de la science.

    En attendant ce repositionnement des religions, la tendance la plus notable n’est pas la progression de tel ou tel groupe religieux mais le recul de la pratique religieuse dans le monde entier. Même si de nombreuses personnes croient encore en un Dieu, elles se reconnaissent de moins en moins dans la religion qui leur à été enseignée dans leur enfance et pas plus dans une autre religion.

    Même aux USA, le pays le plus religieux du monde occidental, la religion est en perte de vitesse bien que certains groupes religieux soient en progression, 15% des américains se disent désormais non-religieux:
    http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/03/08/AR2009030801967.html?hpid=moreheadlines
    http://www.csmonitor.com/2002/1010/p12s01-lire.html

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